What a glorious day !

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03 avril 2008

La série des "Millénium" de Stieg Larsson

resizeMillenium est une trilogie rédigée par le suédois Stieg Larsson et publiée en France dès 2006 par l'éditeur Actes Sud. Millenium est composé de Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, de La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette et de La reine dans le palais des courants d'air. Millenium, c'est aussi le dernier gros succès en librairie et un des derniers succès critique. Vous en rêviez, Sieg Larsson l'a fait. Il n'a malheureusement pu en profiter puisqu'il est décédé peu après avoir remis les trois tomes en question. Bref, ça sent le livre culte.

Le roman policier n'est franchement pas ma tasse de thé mais, sous la pression insistante de la critique élogieuse paru dans le Monde au sujet de celui-ci, je me suis sentie obligée de me pencher sérieusement sur la question.

L'intérêt du livre réside bien entendu dans l'intrigue, que certains considèreront comme hautement addictive. Il est vrai qu'elle est particulièrement réussie : l'horreur glauque dans laquelle nous plonge l'auteur est tout bonnement renversante. Et le bougre n'y va pas de main morte, il surenchérit sans cesse et appuie là où ça fait mal. La noirceur de son propos est mise à la disposition des idées -parfois arrêtées- de l'auteur. Car celui-ci se permet de saupoudrer le tout d'une critique sévère de la société suédoise : tout y passe, de la prostitution au système judiciaire en passant par le monde des affaires. A cet égard, j'ai beaucoup apprécié, notamment dans le dernier tome, que l'auteur ne mette pas en avant une bonne vieille théorie du complot qui aurait pu desservir son propos. Je suis un peu plus partagée au sujet de la condamnation, faite dans le premier tome, du milieu des affaires qui m'apparaît un peu hâtive. Cette intrigue aurait d'ailleurs mérité d'être plus développée.

L'impression générale que j'ai eu à la lecture de ces trois tomes est en vérité plutôt positive : les personnages centraux, parfois caricaturaux, sont cependant toujours décrits de manière excellente. Au fil de la lecture, on se découvre, de manière surprenante, une affinité certaine avec la formidable Lisbeth Salander. C'est en effet ce personnage qui me vient à l'esprit quand on me parle de Millenium, et c'est là la grande trouvaille de l'auteur qui nous donne d'abord l'image que son patron se fait d'elle pour ensuite développer, notamment dans le deuxième tome, sur ce qu'elle est selon son point de vue à elle et sur ce qui fait qu'elle est ce qu'elle est.

Il serait hors de propos de juger le style de l'auteur : un scénario musclé implique nécessairement une forme débarassée de toute frivolité. Même s'il est vrai que j'apprécie particulièrement les tournures frivoles, ce polar se lit d'une traite et on ne pense franchement pas à la banalité des phrases ou aux platitudes écrites. Comme souvent dans les romans policiers -et c'est bien ce que je leur reproche, mais je parle peut-être en méconnaissance de cause-, le fond l'emporte sur la forme.

Millenium est bien un policier brillant et déroutant, qui ne rend pas toujours dépendant comme on l'a souvent dit, mais qui mérite amplement le succès qu'il rencontre. Cependant, l'engouement unanime me paraît surévalué. Franchement, une bonne critique dans le Monde sur un bouquin qui marche ; de qui se moque t'on ?

Posté par oranee à 22:47 - Policier - Commentaires [0] - Permalien [#]

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