What a glorious day !

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24 mai 2008

"Spin" de Robert Charles Wilson

lde084Par une nuit étoilée, Tyler et les jumeaux Jason et Diane, se chamaillent alors que les adultes participent à une réception dans la Grande Maison. Alors que Diane observe les étoiles à travers les jumelles astronomiques de son frère, celles-ci disparaissent soudain, tout comme la Lune. Scientifiquement impossible selon Tyler. Et pourtant. On découvre rapidement que le "Spin" -tournoiement en français- n'est qu'une membrane qui entoure la Terre et que le Soleil n'est plus qu'un simulacre qui vieillit si rapidement qu'il ne reste plus que quelques décennies à vivre aux habitants de la Terre. Spin du canadien Robert Charles Wilson, édité chez Denoël Lunes d'encre, raconte les réactions des hommes à cette situation inédite ainsi que les déboires d'une génération Spin angoissée et impuissante.

Wilson fait du Wilson bien mieux qu'avant. L'auteur se bonifie avec le temps et c'est un régal ! De la science fiction à la sauce Wilson, j'en redemande. Il faut dire que ce Monsieur a de l'audace depuis ses débuts et que sa science fiction à lui ne ressemble aucunement à cet espèce de space opéra peu ragoûtant que l'on nous ressert à toutes les sauces chaque année -non, je ne suis pas tranchée dans mes opinions. Wilson prend en effet le parti de l'humain, du sentiment, de l'émotion, ce qui rapproche ses livres de la littérature blanche -la vrai littérature !  Il ne tombe pas pour autant dans la mièvrerie, le sujet de Spin reste la répercussion de cet événement sur nos héros et, plus généralement sur l'humanité. Ces réactions à cet immense bouleversement sont intelligemment passées au crible par l'auteur. Très réussi de ce point de vue là.

Malin comme un singe, il profite de l'occasion pour taper sur les politiques et leur incapacité à faire face aux grands crises mondiales -du Spin à la dégradation de l'environnement- et à leurs vilaines manigances politiciennes qui n'ont pas lieu d'être. Le bougre ne se prive pas pour critiquer tout azimut notre société définitivement bien minable. Très contemporain donc. Très pessimiste aussi. Et ça, j'aime bien.

Les différentes péripéties montent en puissance au fur et à mesure de la lecture, rendant le tout assez addictif. Les personnages principaux sont très réussis, tout comme les explications scientifiques des événements. Ne riez pas, c'est important pour une nullarde en astronomie comme moi. J'ai tout compris, c'est assez rare pour le souligner.

Tout cela reste cependant assez inégal : j'avoue que la fin m'a un peu déçue. Je m'attendais à une conclusion un peu plus flamboyante. J'ai trouvé cela un peu facile. Mais enfin, pourquoi pas ? Tout cela se tient en tout cas. Mais les meilleurs passages restent pour moi les dernières péripéties avant le dénouement final. Je ne vous raconterai pas cette fameuse nuit, mais qu'est ce que c'est bon !

Vous vous souviendrez longtemps de Spin. Wilson trace une ligne droite -sa ligne droite- dans un monde littéraire géométriquement chargé, pour notre plus grand plaisir. Ma métaphore sonne vraiment très mal à la relecture. Vous vous en contenterez, en attendant Spin 2, prévu en juin et en VO.

Posté par oranee à 14:13 - Science fiction - Commentaires [0] - Permalien [#]

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