What a glorious day !

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29 octobre 2008

"La belle vie" de Jay McInerney

jay2Je ne me souviens pas bien du contexte, mais j'ai commencé La belle vie de Jay McInerney en plein mois d'août et je l'ai terminé en très peu de temps. Ce qui est très fort pour quelqu'un qui lit aussi lentement, et dont la vitesse ne s'améliore guère à la vue d'une piscine et d'un verre de tequila. Malgré tout, curieusement, je n'avais rien à dire sur ce roman. D'ailleurs, vous le verrez, c'est toujours le cas, et même pire parce que mes souvenirs se sont estompés au fil des mois. Jamais bon signe. Mais faisons de notre mieux.

Corrine et Russel sont mariés et ont deux enfants, ils habitent New York en septembre 2001 -on ne se refait pas- et vivent bien mieux que convenablement. Le reste est superflu.

J'avais découvert cet auteur par le biais de son premier roman Bright Lights, Big City qui m'avait plutôt emballé. Me voilà face à son dernier, me demandant si vingt années passaient aussi lentement en terme littéraire. Je sais bien qu'il s'avère plus difficile pour un auteur assumant sa quarantaine d'écrire sur des mannequins cocaïnées se trémoussant en groupe -manque d'intérêt sans doute-, mais enfin cela nécessite t'il de se travestir à ce point ?
Enfin qu'importe, l'intrigue manque cruellement de piments pour la jeunette que je suis. Les dialogues sont émoussés, et les réflexions proches du ridicule. Soyons indulgents, disons qu'elles manquent de subtilité.

On ne sait pas vraiment ce que veut nous raconter McInerney. Au départ, ses histoires sont futiles. Sans doute pour nous montrer à quel point notre existence manque de sens -et d'exubérance serions nous tentés d'ajouter. On en est cependant à J-1 avant l'Evénement Perturbateur Fatidique et Eminent. Le lecteur jubile, il ricane de tant d'ignorance et d'idiotie, il pense que La belle vie va enfin tenir ses promesses en rendant un peu plus fou et un peu moins creux -ou ordinaires, c'est selon- cette bande de dégénérés insignifiants. Ça aide à tenir.
Et puis, on passe directement au 12. On ne parle pas de tours et d'avions -tant mieux, là n'est pas la question. On retrouve les mêmes, quelques uns en moins. Du coup, là, on se fend moins la gueule chez Corrine et ses amis. Les petits soucis quotidiens retrouvent enfin la place qu'ils n'auraient jamais du quitter.  Tous réfléchissent sur Des Problèmes Existentiels. Autour d'une dinde. Certains aident, parce que ce sont des gens biens. Ils font du café. D'autres ne font rien du tout. Peut être sont ils les plus pragmatiques et, au final, les plus sensés. Car pendant ce temps là, l'intrigue continue chez McInerney, encore pour quelques centaines de pages. Soporifiques. Car les gens ordinaires n'évoluent pas, c'est bien connu. Ils oublient de s'adapter. Et ainsi, il s'adaptent -à leur manière tout à fait cruelle. Ils survivent, en couchant à droite et à gauche et en dînant dans des restaurants branchés.
Certes, l'idée est intéressante, bien que galvaudée. Mais, la critique, elle aussi, est facile. Face à un tel événement, nous aurions sans doute les mêmes réactions. Nous avons d'ailleurs ces réactions : qui parle encore de la révolte des banlieues à l'aube de la crise financière de cette année ? Cependant, si l'auteur dépeint cette triste réalité sans une pointe d'amertume, ce témoignage n'apporte rien de nouveau sous les étoiles, là où Bright Lights, Big City, tout aussi superficiel en apparence, nous laissait entrevoir les lumières d'une ville, systématiquement décortiquées, et curieusement intégrées aux couleurs de l'époque.

Depuis belle lurette, Jay McInerney en a fini avec les pitreries percutantes. Pas moi ! Le pessimisme ambiant me pèse un peu. Mais là n'est pas l'essentiel : le fond est défendable, le tout reste avachi, le style notamment est bien loin d'être éclatant. Je préfère retourner à du Bret Easton Ellis, qui, diantre, a le même âge mais pas les mêmes manies.


Commentaires

    Après avoir lu "Trente ans et des poussières", j'ai bien aimé suivre la destinée de ce couple qui bien cantonné dans leur petite vie va vivre le 11 septembre...c'est surtout la réaction à cette onde de choc qui m'a plu !

    Posté par Florinette, 11 janvier 2009 à 20:46
  • Dslé de ne répondre que maintenant, je ne suis pas bien familiarisée avec canalblog.
    Et tu as raison, c'est intéressant à lire parce que leur réaction est terrible, et terriblement universelle.

    Posté par oranee, 05 février 2009 à 22:33

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