What a glorious day !

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13 mars 2009

"La Voleuse Sans Ombre" d'Emily Gee

volLa Voleuse Sans Ombre est le premier roman d'Emily Gee. Melke, tout comme son frère, est un spectre, elle peut se rendre invisible quand elle le souhaite. Ce dernier va profiter de ce don pour tenter de dérober de l'argent aux Salamandres, créatures surnaturelles bien peu sympathiques. Sa soeur, pour le sauver, est chargé par les vilaines créatures de ramener un bijou, ce qu'elle va faire, au mépris du reste.

Ce n'est pas très bon : il y a beaucoup de défauts dans ce texte, à commencer par l'écriture parfois à la limite du désastre littéraire -peut être est ce la traduction, je ne sais.
Je m'attendais à un roman fantasy classique, avec une quête, de l'action, voire même des combats. Et il n'y a rien de tout ça. Ça commençait bien au départ avec cette traque, presque haletante, dont on ne comprenait pas bien les tenants ni les aboutissants. La pression était là, elle ne cessait d'augmenter. Et puis, dès que les deux personnages principaux sont en confrontation l'un avec l'autre, ça ne va faire qu'empirer.
Nos deux héros, on ne peut que les comprendre, ils sont fiers,  honnêtes, ils cachent leur culpabilité du mieux qu'ils peuvent. Ça, c'est intéressant. Le problème est qu'ils sont les narrateurs principaux, et on a aussi droit à leurs épanchements, ou plutôt leurs pleurnicheries ; que je comprends par ailleurs, mais qui sont très mal exploitées par l'auteur qui rend par là même ses personnages peu attachants. Les lamentations sont d'une part trop souvent rappelées, et d'autre part vraiment mal rendues. Alors oui, on ne peut que se mettre à leur place, et on reprocherait à l'auteure de ne pas en parler, mais là, c'est bien trop, et c'est surtout mal fait. Du coup, on ne peut que s'ennuyer et râler contre ces gens qui n'ont rien demandé.
Les autres personnages, le frère de Melke, et la soeur du héros sont par contre assez mièvres, bien que la seconde soit sans doute la plus équilibrée du lot, étant donné que le premier est encore pire niveau gémissements à tout-va que les deux principaux.
Et puis, il y a le chien, que tout ça ennuie. C'est lui le plus cool, bien évidemment.

Ce qui est gênant, c'est que l'histoire est vraiment centrée sur ces quatre personnages là, on ne peut du coup se raccrocher à rien à part eux : peu d'action, peu d'aventure, seulement quelques fermiers frappés d'une malédiction et qui font face plutôt dignement. Ça aurait pu être bien, mais ça manque carrément de subtilité.
Alors oui, on pourra toujours dire que le monde développé par l'auteure est un tant soit peu original : oui, les quatre espèces de bestioles déifiées ne sont pas trop mal fichues. Mais il n'y a vraiment que ça à se mettre sous la dent, ce qui est bien maigre.
S'ajoute à cela des histoires d'amour un peu pompeuses, notamment la principale qui est un brin forcée dans le genre "je t'aime, moi non plus". On parle aussi beaucoup de sexe, de manière pas vraiment très fine. Quelques scènes assez réussies cependant, à peu près à chaque fois qu'un des personnages est confronté aux vilaines bestioles -je n'en dirai pas plus, mais ceux qui ont déjà lu ce roman savent sans doute à quoi je fais allusion.

En bref, un huis-clos pas vraiment tapageur, et assez décevant. Un peu de potentiel, et encore, pas tant que ça. De la fantasy qui se veut originale, mais qui n'apporte que très peu au lecteur au final.

Posté par oranee à 10:50 - Fantasy - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    pour toutes les raisons que tu cites je ne note pas, même si ton billet m'intéressait beaucoup comme c'est un livre qui aurait pu a priori me tenter. Pour le style c'est peut-être la traduction, malheureusement Beaucoup d'éditeurs ne font pas assez attention aux coquilles, aux traductions littérales ou aux fautes (moi pour mois dans le livre que je suis en train de lire, je suis tombée sur cette petite coquille tout à l'heure).

    Posté par Lou, 15 mars 2009 à 17:53
  • C'est un vrai pb que ces traductions lacunaires et qui ne rendent pas bien compte du style. On s'en rend compte très vite qd on commence un peu à lire en langue étrangère.
    Mais il faut aussi penser que pour certains romans ou écrivains -ce qui ne me semble pas être le cas ici-, la traduction doit être bien compliquée !

    Posté par oranee, 15 mars 2009 à 20:51

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