What a glorious day !

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26 avril 2009

Edencity T3 "La Cité des Damnés" de N. M. Zimmermann

cit_Depuis Les Patrouilles du Crépuscule, notre joyeuse héroïne Saralyn enquête, seule comme une grande, sur des meurtres tout à fait charmants perpétrés sans aucun doute possible par de méchants vampires. En soirée, elle s'essaye à l'hypnose en compagnie de son brave "cousin" Lorenzo afin de déterminer ses origines. Et la nuit, ses atroces cauchemars se poursuivent. Enfin, au matin, elle doit changer ses draps tachés de sang. Oui, la vie est chaque jour un peu plus resplendissante pour Saralyn !

Il me fallait parler de ce troisième tome, après avoir apprécié les deux premiers. A la minute où je l'avais refermé, je me suis dit que, décidément, même la bit lit pouvait me surprendre : La Cité des Damnés bat ses deux prédécesseurs à plate couture. Plus imaginatif, pas vraiment avare en réponse, ambiance toujours plus trouble, une héroïne donnant enfin du fil à retordre aux lecteurs et aux personnages l'entourant, tout y est plus délectable.
Et les scènes finales sont même carrément délirantes ; cette coupure dans le récit, à la toute fin, m'a estomaqué. Et pourtant, Dieu sait que les histoires baignant dans le pathos, ça me connait.

Tous les personnages prennent de l'épaisseur. Saralyn, lâchée seule dans la nature, s'en sort plutôt bien, même si le tout s'avère un peu plus compliqué qu'il n'y paraît. Bien sûr, l'essentiel pour elle réside surtout dans la découverte de son passé, ou du moins, d'une grande partie de celui-ci. Et, il n'y a pas à dire, c'était grandiose, surtout que je me suis gentiment laisser porter par les événements, sans chercher à comprendre le pourquoi du comment -et je n'étais de toute manière pas près de le découvrir. Du coup, j'ai été soufflée par les révélations de la toute fin du tome. Il est certain qu'un spoiler aurait vraiment gâché le tout.
Et c'est bien le seul reproche que je ferai à La Cité des Damnés : le roman repose essentiellement sur ces réponses, le reste n'étant que prétexte. Oui, il est vrai, maintenant, on sait à peu près où l'on va, vers qui l'on doit se tourner, les camps en présence, le contexte et les thèses de chacun. On est en plein dans la transition vers une suite qui, on l'espère, sera résolument tournée vers l'action, et qui ne se limitera sans doute pas à Edencity. Et j'avoue avoir hâte de découvrir ce que nous a concocté l'auteure à ce propos.
Bref, ce que je n'ai pas aimé est qu'il n'y a rien d'autre qui permettrait de supporter le poids de ce récit, d'autant plus que ce style défaillant -déjà relevé auparavant- dérange malgré tout toujours un peu. Saralyn n'est intéressante que par rapport à ce qu'elle a vécu, et vivra. Mais sa personnalité, au final, n'est pas bien exaltante.
Au contraire de ces compères : son coéquipier dont le prénom m'échappe à l'instant se dévoile, et le tableau n'est pas bien charmant -tant mieux ! Bon, il pleure un peu trop sur son sort, c'est embêtant, mais le plus important n'est pas là : on a affaire à un antihéros de première classe. Et puis, Lorenzo est toujours à tomber en père de substitution pour la pauvre Saralyn : qu'importe qu'il soit un vampire, ce n'est pas ce qui le caractérise le mieux, semble nous dire Zimmermann. Et cela vaut aussi bien pour les autres bras cassés s'alliant en quelque sorte contre cette Organisation, dont on apprend ce qu'elle est vraiment et ce qu'elle défend.
Derrière elle, une mythologie s'installe progressivement, faite de Dieux et d'Histoire, qui ne peut que donner envie d'en savoir plus, puisqu'il est clair qu'on est loin d'en connaître toute l'ampleur.
Tous les personnages introduits par le biais de l'Organisation -Keryam en tête, encore plus trouble que ne l'était Gaspard- et cette grande maison habitée et vide à la fois laissent un goût amer au lecteur. Mais cette sensation aurait pu selon moi être bien mieux exploité : le malaise n'est qu'impartiellement retranscrit, et de manière maladroite en plus. On en revient à la forme, évidemment.

Enfin, et c'est là la force de ce roman, la redécouverte de ses souvenirs par notre valeureuse héroïne m'a curieusement touchée : le récit qui en est fait est douloureux bien qu'il ne soit pas non plus insoutenable. Seulement, cet acharnement a quelque chose d'assez fatiguant, la réprobation guette, et vient un moment où la coupe est pleine. On se range du côté des autres, le manichéisme revient sur le devant de la scène -c'est bien dommage, mais c'était quasiment inévitable. Après un tel récit, je ne m'attendais pas à une réaction aussi faible, mais la toute fin est tellement écoeurante et insidieuse que l'on joint ses mains au ciel en priant pour que les éditeurs de chez Milan se magnent le cul et publient cette satanée suite.

Si ce troisième tome est très largement imparfait, il n'en reste pas moins que les pistes qu'ils lancent, inombrables, laissent à penser que le meilleur est encore à venir. Nous serons là, au poste, espérant que ces salauds de l'Organisation y passent tous, un par un -tant qu'à faire !

Posté par oranee à 22:46 - Jeunesse - Commentaires [6] - Permalien [#]
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