What a glorious day !

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04 février 2009

"Les vampires de Manhattan" de Melissa de la Cruz

51aY_leavdLOù Gossip Girl s'intéresse aux compagnons de Buffy, vêtus tout de Chanel accessoirisé d'un Birkin. Ou le guilty pleasure ultime. Celui qui conjugue votre intérêt plus que douteux pour la mode et ses superficialités étranges et votre passion carrément morbide pour les légendes vampiriques. Deux des thèmes les plus en vogue chez les midinettes de 15ans -dont je ne fais assurément pas partie, cela tombe sous le sens. Pas bête la guêpe ! Melissa de la Cruz, en bonne opportuniste, n'a pas dû chercher un éditeur bien longtemps.

Ne nous leurrons donc pas, Les vampires de Manhattan, est agréable à lire car il répond à toutes nos -malencontreuses- attentes d'adolescente, adolescente que nous avons toutes répudiées mais qui, de temps à autre, pointe le bout de son nez pour nous faire regarder un épisode de Gossip Girl ou nous pousser à acheter un tel ouvrage. Ce n'est pas de ma faute, je suis simplement possédée, donc. Tout de même, nous nous devons de sauvegarder notre esprit critique et dire haut et fort que Les vampires de Manhattan est un livre tragique. Rien de moins. 

Rien qu'au titre et à la couverture, on pouvait bien se douter de la qualité intrinsèque, certes. La quatrième est un délice pour les cyniques. Jugez plutôt ma version condensée : Theodora, jeune fille un peu moins superficielle que ses camarades -elle est gothique !-, voit sa pauvre vie de petite fille riche troublée par la mort d'une de ses camarades. Overdose, assassinat ? Elle hésite, surtout que Jack, le beau gosse de son lycée huppé, lui adresse pour une fois la parole en lui affirmant pencher pour la deuxième solution. Oh, mais que cela cache t-il ?

Bon, voilà. Encore un truc qui surfe sur la vague, une vague pas bien haute soit dit en passant, Fascination est quand même bien loin d'avoir autant de qualités qu'au hasard Harry Potter pour rester dans le roman jeunesse. Lui même souffrant déjà de faiblesses, imaginez le niveau. Bref, ce n'est pas bon. Et ça ne se contente pas de l'être.
L'auteur, semble t-il, veut nous transmettre son enthousiasme pour sa ville, elle tente donc de nous décrire  ce Manhattan chic. Evidemment, ça ne prend pas, car tout est d'une platitude folle : "le flot de taxis jaunes", ou les "je ne me lasserai jamais des buildings" en témoignent. Les vampires de Manhattan est un roman mal écrit, et d'une pauvreté rare. Je ne parlerai pas plus de la forme, ce serait tirer sur l'ambulance.

Les personnages sont tous plus -l'héroïne petite chose fragile mais forte à la fois, sauvée des griffes du loup par son chéri ou son ennemie, cliché blond hystérique- ou moins -les adultes- pathétiques. Du bonheur en barre, mangez en ! Car s'ajoute à ce joyeux tableau la fameuse histoire d'amour impossible -mais possible à la fin du dernier tome- prétexte d'une telle pagaille.

Quant à l'intrigue elle est loin d'être maitrisée : l'auteur se concentre sur des détails insignifiants -Machin est jolie comme un cœur, Truc est beau comme un dieu- et passe très rapidement sur les meurtres et développements concernant les fameux sang-bleus. Car, oui, l'auteure revisite le mythe du vampire -c'est la mode- : ceux ci ne craignent ni le soleil ni l'eau bénite mais exercent une fascination quasi-grotesque sur les humains, ces gueux. Les vampires sont plus intelligents que la moyenne, plus beaux et surtout plus maigres que nous. Certains passages restent plutôt intéressants, notamment ceux qui exposent les institutions et l'histoire des vampires, mais l'auteure ne s'y attarde jamais vraiment longtemps. Au final, l'impression qui s'en dégage le plus nettement est celle du baclage : tout va trop vite, on saute d'une question à une autre, on ne développe rien, on effleure les thèmes les moins superficiels, on s'envole vers la sottise, on se dégage du reste.

Bref, un roman tout à fait opportuniste, reflet de cette autre littérature, qui, de temps à autre, me dérange beaucoup. Parce que je ne pouvais lâcher ce roman alors que je savais pertinemment que j'étais en train de lire un truc réellement mauvais. Je n'irai pas plus loin dans l'analyse, les conclusions s'imposent d'elles même.

Posté par oranee à 18:29 - Guilty pleasure - Commentaires [7] - Permalien [#]
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Commentaires

    Moi j'ai bien aimé !!! Ce n'est pas la 8ème merveille du monde, c'est sûr, mais c'est le genre d'histoires qui fonctionne sur moi. Détente assurée.
    Comme avec la série d'Anna Godbersen !
    J'ai apprécié, dans les Vampires de Manhattan, qu'on échappe au folklore habituel sur le mythe du vampire. Je suis curieuse de savoir qui est le sang d'argent, par exemple ! Et puis il y a des tas d'intrigues, des secrets de famille, enfin de quoi bien nous attacher pour lire la suite !
    Moi j'ai hâte !!!

    Posté par Clarabel, 26 février 2009 à 10:07
  • J'ai l'impression aussi qu'on se trouve des excuses pr aimer ce type de romans, par rapport notamment à la revisite du mythe du vampire. Alors qu'en fait, ce qu'on apprécie, c'est que c'est un roman à l'eau de rose agrémenté d'un peu d'actions et de suspens -oui, parce que je ne sais pas si vous avez déjà lu un roman à l'eau de rose ss cette touche en plus, mais c'est carrément grotesque. Et ce qui me gène bcp, c'est que l'action et le suspens sont les faire-valoir des intrigues romantiques, et pas le contraire.
    Enfin bref, ça n'empêche pas d'apprécier -en ce qui me concerne de manière un peu coupable je l'avoue. D'ailleurs, je suis en train de lire le troisième tome !! Saleté !

    Posté par oranee, 26 février 2009 à 14:18
  • "on se trouve des excuses" : OUI !
    "de manière un peu coupable" : OUI !!

    Mais c'est bon la honte, je ne me priverai pas d'une lecture qui m'apporte du plaisir, sous prétexte que c'est gnan-gnan et cucul la praline au possible, tant pis, on a le droit de lire ce qu'il nous plaît aussi !

    (PS : il me semble avoir lu, par mégarde, un spoiler sur cette série, et connaître l'identité du sang d'argent !!!) :/

    Posté par Clarabel, 27 février 2009 à 10:34
  • Moi non plus je ne m'en priverai pas... La preuve !
    Dommage de se faire spoiler là dessus, c'est quand même le seul et unique intérêt de ces livres.
    Si ça peut vous consoler, l'identité du sang d'argent se devine aisément dès le début du troisième tome...
    Plutôt sympa d'ailleurs ce dernier tome, bien qu'en deçà du deuxième.

    Posté par oranee, 28 février 2009 à 01:27
  • melle

    salut clarabel
    est pour le lives
    petite pon
    tu est remen
    un diton
    pour nome est melissa
    la vampire tu manthatan
    faire de on live pitte pon
    donne sese on mou lenmle a la tete
    pour toi pitte on
    pas me un enfin pas live sse pitte on
    de melle

    Posté par melissa, 07 janvier 2010 à 01:12
  • Mauvais bouquin

    Ce livre est d'une médiocrité effarante où on cite Misha Barton comme référence culturelle, où le gothique est forcément sale, où la description d'un personnage se limite aux marques qu'il porte, les vampires sont beaux minces, riches et complétement idiots, à côté Twilight et ses suceurs de sang de puma à paillettes est un monument.

    Posté par Magenta, 01 mai 2010 à 16:59
  • C'est un peu lapidaire, Magenta ! Pas complètement dénué de sens, mais il y a quelques éléments positifs.

    Posté par oranee, 16 mai 2010 à 15:23

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